Comédies canines et autres facéties animalières dans l’œuvre de Louise Erdrich

Elisabeth Bouzonviller

Résumé


Les liens fusionnels des Amérindiens avec la nature font partie des tropes d'une pastorale qui a longtemps favorisé la création d'un univers amérindien littéraire issu de la vision stéréotypée du bon sauvage. Le traitement littéraire du rapport à la nature de la part des écrivains contemporains d'origines amérindiennes est plus subtil car il puise son inspiration dans la multiplicité de la vie tribale américaine et la complexité des mythologies autochtones.

Rattachée à la réserve anishinaabe de «La Montagne de la tortue» et membre du clan de l'ours, comme son personnage récurrent Fleur Pillager, Louise Erdrich crée un monde littéraire américain où se mêlent les influences européennes et autochtones, mythologiques, historiques et contemporaines. Il n’est pas étonnant alors que les animaux occupent une place de choix dans cette écriture polyphonique et métissée qui rappelle l’évolution des modes de vie nord-américains, depuis une existence dans un environnement naturel non domestiqué jusqu’à une urbanisation généralisée.

Cet article se propose d’étudier la manière dont ces animaux « tricksters » (terme alternativement traduit par « fripon » chez P. Radin ou « décepteur » chez C. Levi-Strauss), influent sur l’écriture d’Erdrich ; nous nous demanderons comment ces éducateurs facétieux, dont les mésaventures et subtiles victoires ont des vertus pédagogiques, offrent des moyens de « survivance » (Vizenor), par le biais de la sagesse et de l’humour qui accompagnent chacun de leurs enseignements, et contribuent à la création d’une littérature métissée tout en mettant un terme aux stéréoptypes plaqués sur l’univers amérindien.

 


Mots-clés


Louise Erdrich; littérature amérindienne

Texte intégral :

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