L'Atelier

Atelier :


  • espace voué à l’élaboration d’objets (matériels ou conceptuels), lieu où les choses jos_amman_workshop_226sont en devenir
  • idéalement aussi, lieu d’échanges sur les pratiques — dont témoigne l’extension du terme aux groupes de réflexion au sein d’un congrès, par exemple
  • lieu, enfin, où les outils et les méthodes mis en œuvre, s’ils contraignent l’élaboration des objets, sont également contraints en retour de s’affiner et d’évoluer

L’Atelier se veut revue critique en ce sens précisément qu’elle se conçoit comme un espace d’élaboration et de réflexion sur la mise en œuvre de méthodes critiques.

L’Atelier ambitionne d’être un chantier intellectuel où la critique se trouve interrogée, mise à l’épreuve, en même temps qu’est interprétée l’œuvre vers laquelle elle se tourne. Il encourage donc la diffusion d’articles où la théorie interprétative ne s’applique pas à son objet comme s’il lui pré-existait mais, dans tous les sens du terme, s’explique avec lui. Il vise à promouvoir les lectures d’œuvres qui invitent à la réflexion sur la pratique critique sans perdre de vue ce qui la suscite ainsi que celles portant sur les régimes de représentation et les phénomènes de reprise intertextuelle et trans-artistique.

Les articles soumis à L’Atelier pourront mettre en jeu divers champs théoriques sans exclusive, si la démarche correspond aux exigences de cohérence et d’engagement méta-critique de la revue.

ISSN: 2109-9103

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§ Appel à contributions: Emouvoir

 

(Please scroll down for the English version)

Que faire devant la puissance affective de l’œuvre littéraire ou plastique ?

La critique formaliste a souvent répondu à cette vieille question en évacuant l’émotion de l’analyse afin de faire de l’œuvre l’objet d’une science. Elle se démarquait ainsi de la valorisation de la « belle sensibilité » d’un génie créateur ou du critique du « goût » caractéristique des approches psychologisantes depuis au moins le 19e. Soupçonnée de constituer un risque pour la raison critique, l’émotion n’avait dès lors plus droit de cité qu’en rapport avec la sphère intime et privée. C’est ainsi que la distinction antique entre pathos et logos a souvent été reconduite, voire renforcée au cours du 20e siècle. Plus récemment, cette distinction semble avoir été contournée par des approches s’inspirant principalement des sciences expérimentales qui assujettissent l’émotion à un savoir positiviste et placent ainsi le pathos sous le régime du logos, induisant une hiérarchisation où l’émotion perd sa spécificité propre.

 
Publié: 2015-04-08 Plus...
 

§ Appel à contributions: La réserve

 

Pourquoi amener à la lumière, comme choix d'objet pour ce numéro de la revue l'Atelier, ce qui précisément cherche, ou ne peut, que s'y soustraire, ce qui vient occuper cet étrange écart entre se laisser entendre et se dire, à savoir la réserve?

Pour cela même. Parce que la réserve en ses différents modes d'inscription a ce pouvoir d'interroger le dire, le sens, le voir et les modes par lesquels ceux-ci s'avancent, s'énoncent. Ce qui ainsi se soustrait, se retire du dire tout en laissant trace de son défaut, ou de son effacement sous ces formes multiples que sont le secret, le retrait, la réticence, la hantise, peut trouver sa place sur différentes scènes. La réserve peut s'exercer sous la forme d'un droit ou d'un devoir et ainsi engager certains enjeux de la question de la responsabilité. Elle peut prendre la forme d'un blanc, d'un espacement qui introduit à une dramaturgie toute singulière de ce qu'un tableau articule du donner à voir, du représentable et de ses conditions. Elle peut faire trace d'une certaine position subjective dans le dire que l'on associe à la pudeur, à la discrétion, mais étonnamment elle peut être aussi force de ressassement, de ressentiment, et lester ainsi le discours, le rapport au temps et à l'autre ("contre" qui la réserve s'exerce) d'affects singuliers. Elle peut encore constituer l'abord, ou la modalisation d'un propos théorique, philosophique, venant en inquiéter les seuils, la portée, ou bien au contraire en définir la condition même. Elle est également liée à un espace, celui de la thésaurisation, de la conservation, de l'élaboration, lequel peut fonctionner comme antichambre ou atelier de la création. En ce sens, elle renvoie aux conditions de genèse et à la production du texte comme archive.

 
Publié: 2015-04-07 Plus...
 

§ Appel à contributions: L'institution de la littérature

 
La question de savoir ce qu'est la littérature informe la pratique et la recherche des enseignants-chercheurs. Objet qui ne se laisse pas facilement saisir, qui ne se laisse pas forcer par des catégorisations, la littérature nourrit et fait la force des études universitaires, mais fait aussi l'objet d'enjeux économiques et politiques qui tentent de lui assigner une place, souvent mineure, dans la société. Produit commercial, comme en témoigne la floraison de "prix littéraires", instrument politique, considéré comme un "supplément d'âme", elle s'inscrit aussi dans des "programmes" scolaires et universitaires qui se disputent la légitimité de telle ou telle oeuvre, de tel ou tel écrivain. De fait, en dépit de son caractère hybride, mouvant, inassignable, elle devient institutionnalisée en faisant l'objet d'une reconnaissance qui fait de certains textes un passage obligé des études secondaires et supérieures ou bien d'une méfiance envers des textes qui n'appartiennent pas au canon. On pourrait alors suggérer que l'institution - universitaire mais aussi politique et médiatique - fabrique tout autant la littérature que cette dernière ne se crée elle-même, ou tout au moins qu'elle se l'approprie, tente d'en dessiner les codes, d'en tracer le devenir, d'en faire un objet qui cesse de lui échapper.  
Publié: 2015-01-26
 
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Vol. 6, No 2 (2014): La Transmission


Page couverture

Si la transmission connaît des formes libres et spontanées, si elle est parfois régulée ou codifiée, il lui arrive aussi bien souvent de chercher sa voie. Dans le champ du savoir (ou, singulièrement, là où le savoir est interrogé – par la philosophie ou la psychanalyse notamment), dans le domaine de la culture, des arts et de la littérature, la transmission ne manque pas de revenir sous forme de question : comment cela (se) passe-t-il ? Comment faire en sorte que cela passe ? Volonté d’œuvrer contre l’oubli pour que subsiste une mémoire, engagement à faire acte de témoignage, la transmission peut inversement prendre la mesure d’une perte irrévocable ou d’une impossibilité fondamentale à dire l’événement original qui inscrit l’écriture dans le jeu de la dissémination. En interrogeant la transmission dans ses pratiques, mais aussi dans ses tentatives de se raconter ou de se représenter, nous proposons de nous pencher sur les différentes modalités d’un passage qui compose avec le vide, négocie les transitions ou se joue des écarts.

— Numéro coordonné par Marie Laniel et Pascale Tollance


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